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Miniatures d'hôtel : la fin des petits formats plastiques en 2030

L'annexe V du règlement PPWR (UE 2025/40) prévoit l'interdiction des emballages cosmétiques de petit format dans l'hôtellerie à compter de 2030. Shampoings, gels douche, lotions corporelles en flacons individuels : ces miniatures omniprésentes dans les salles de bain d'hôtel vivent leurs dernières années. Mais attention aux amalgames : cette interdiction ne concerne pas les échantillons cosmétiques destinés au retail.

12 avril 20256 min de lecture

Partie 1

Ce que prévoit l'annexe V du PPWR

L'annexe V du règlement UE 2025/40 établit une liste de formats d'emballages dont la mise sur le marché sera interdite à des échéances précises. Parmi eux figurent les emballages cosmétiques à usage unique de petit format utilisés dans le secteur HORECA (hôtellerie, restauration, collectivités). Concrètement, les flacons, tubes et sachets individuels de shampoing, gel douche, après-shampoing, lotion corporelle et autres produits d'hygiène fournis par les établissements hôteliers à leurs clients seront interdits à partir du 1er janvier 2030.

Cette mesure vise un gisement de déchets considérable. Selon les estimations de la Commission européenne, le secteur hôtelier génère chaque année plus de 200 millions d'unités de miniatures plastiques dans l'UE, dont la majorité ne sont que partiellement utilisées avant d'être jetées. Le taux de recyclage effectif de ces emballages — souvent souillés et collectés en mélange — est extrêmement faible.

Le texte cible spécifiquement les emballages d'une contenance inférieure à 50 ml (pour les liquides) ou 100 g (pour les solides) fournis dans le cadre de services d'hébergement. Les emballages vendus au détail — y compris les formats voyage commercialisés en pharmacie ou en parfumerie — ne sont pas concernés par cette disposition.

Partie 2

Qui est concerné ?

L'interdiction touche l'ensemble de la chaîne de valeur hôtelière. Les exploitants d'hôtels, de résidences de tourisme, de chambres d'hôtes et de campings sont les premiers visés en tant que « metteurs à disposition » de ces emballages. Mais l'impact remonte en amont : les fournisseurs d'amenities (ces kits de bienvenue contenant miniatures et accessoires) et les marques cosmétiques qui les fabriquent devront adapter leur offre.

Pour les grands groupes hôteliers (Accor, Marriott, Hilton), la transition est déjà engagée : beaucoup ont amorcé le remplacement des miniatures par des distributeurs muraux dès 2019-2020, souvent pour des raisons de coût autant que d'image RSE. Mais pour le réseau hôtelier indépendant — qui représente plus de 60 % du parc hôtelier européen —, l'échéance de 2030 nécessite encore une adaptation significative.

Les fabricants de cosmétiques hôteliers (Groupe GM, Vanity Group, ADA Cosmetics) devront repenser leur modèle économique, historiquement fondé sur la vente de volumes importants de petits contenants. Certains pivotent déjà vers des offres de recharge en grand format, d'autres développent des formats solides (shampoings solides, savons-shampoings) exemptés de l'interdiction lorsqu'ils sont sans emballage plastique.

Partie 3

Les alternatives et ce qui n'est PAS concerné

Plusieurs alternatives conformes au PPWR se dessinent pour le secteur hôtelier. Les distributeurs muraux rechargeables constituent la solution la plus répandue : ils suppriment l'emballage individuel tout en permettant aux hôtels de proposer des produits cosmétiques de qualité. Le PPWR encourage explicitement les systèmes de réemploi à travers son chapitre VII, qui fixe des objectifs de réemploi pour certains secteurs.

Les formats à base de papier, carton ou matériaux biosourcés offrent une alternative pour les établissements qui souhaitent conserver un format individuel premium. Des sachets en papier thermoscellé, des capsules cellulosiques ou des tubes en carton permettent de maintenir l'expérience client tout en sortant du périmètre de l'interdiction, qui cible les emballages plastiques à usage unique.

Point essentiel pour nos clients : les échantillons cosmétiques distribués dans le circuit retail ne sont pas visés par l'annexe V du PPWR. Les monodoses, miniatures et formats découverte vendus ou remis en parfumerie, en pharmacie ou en ligne ne tombent pas sous cette interdiction. L'annexe V cible exclusivement les emballages fournis dans le cadre d'un service d'hébergement. Les marques qui utilisent des échantillons thermoformés pour leurs opérations de sampling commercial peuvent donc continuer à le faire, dans le respect des règles générales de recyclabilité du PPWR et des dispositions françaises issues de la loi AGEC.

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